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Paranthèse gourmande

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Je regardais l'horizon par dessus et au delà de tout. Le rire et les cris joyeux des baigneurs mettaient des mots à la mélodie rythmée et lancinante de l'orchestre d'eau dont chacune des vagues était l'instrument. Le soleil pour projecteur, cette scène de vie rivalisait avec la perfection d'un plaisir sans nom. Je n'étais pas venu seul et les coeurs qui m'accompagnaient réunifiaient le mien qui alors emplissait mon corps.

Je ne sais si un entracte à ce spectacle divin fut annoncé mais mon palais reconnut au loin et, de ses yeux, la forme délicate et annoncée d'une douceur sucrée. Pas de caramels, d'esquimaux ou quelconque chocolat, le jeune vendeur qui s'approchait de moi proposait ses yoyos luisants de miel. Et d'huile... Un délice. Des beignets aussi dorés que la peau de celui qui les proposaient.

Dscn4647_3Je me délectais d'abord de la scène simple et chaleureuse qui s'offrait à moi. Les enfants qui accourent mouillés d'eau à la bouche. Le sable qui crisse sous leurs pas pressés et les éclaboussures sur les bronzeurs allongés et oisifs.

Derrière sa bicyclette qu'il pousse à bout de bras, le jeune vendeur a le sourire éclatant, accueillant. Un vrai modèle de publicité pour ces beignets qui m'invitent à m'approcher de lui. Deux cents millimes pour qu'une huile sucrée me coule dans la gorge jusqu'à mon estomac, qui comme chacun de mes sens, est en éveil. Pour moi, deux beignets, ces yoyos qui résistent on ne sait comment à la chaleur d'un soleil affamé, enfermés dans leur cage de verre mobile, et qui sont le délices des petits et des grands - Dans ces instants-là, je ne sais d'ailleurs pas dans quel cas je me trouve et peu importe, je suis moi -

Deux mots échangés, un sourire au charme franc et assuré sur ce visage arrosé de soleil, et le jeune homme repart pour une invite, une provocation aux délices des sens et des papilles estivales. Mes yeux éblouis par cet éventail de soleils se plissent pour régler la netteté de l'image et mes dents mordent sans pitié comme une vengence dans le premier yoyo. La mélodie de la mer à nouveau comme une autre douceur envahie mes oreilles. Le vendeur et son sourire se sont noyés dans les vagues d'autres corps gourmands, mouillés ou allanguis. Je froisse le papier gras de mon second beignet délicieusement englouti. Les vagues ont effacé l'emprunte du passage de la bicyclette.

Le mirage de cet instant sirupeux a-t-il réellement existé ou me suis-je assoupi dans le rêve trop fort d'un rayon de soleil ?

Dscn4644_2Je regarde l'horizon par dessus et au delà de tout. Le rire joyeux des baigneurs mettent toujours leurs mots à la disposition de l'orchestre salé comme une valse hypnoptique qui m'aurait soulevé l'instant de cette paranthèse gourmande.

Comme sorti d'un songe doux, la réalité étend sa serviette à mes côtés pour me narguer, et me rappelle que si le sable colle à mes doigts c'est que mes mains sont grasses et sucrées. Alors je me jète à corps perdu dans la fosse de l'orchestre liquide, divague et deviens alors minuscule choriste du spectacle unique de la Vie.

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La Vie que je remercie de ces douceurs suaves et impalpables, de ces instants éphémères et fragiles qui, lorsqu'on les autorisent, nous pénêtent pour qu'ils durent, s'installent et deviennent éternels.

Parce qu'un beignet n'est pas qu'un beignet, parce qu'un sourire n'est pas qu'un sourire, parce que les deux vont ensemble et qu'ils me lient, sous un pretexte gourmand, à cet instant, sur une plage de Vie innondée de grandeur qu'il suffit de reconnaître. Et parce qu'une vague n'est pas qu'une vague et que la mélodie de la mer dans cette alchimie magique où je m'autorise à me noyer porte un nom : le Bonheur.

Dscn4643Photos : P'tit Bob

Pour tout cela, je regarderais encore et encore l'horizon par dessus et au delà de tout.

Pour d'autres beignets qui n'en seront peut-être pas.

Où que je sois. 

 

Libération

Nous sommes libérés de ce que nous acceptons,

mais nous sommes prisonniers de ce que nous refusons.

Swâmi Prâjnandad (Maître spirituel indien)

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Préoccupation

Se préoccuper de son sort après la mort est aussi absurde que de se préoccuper de son poing en ouvrant la main.

(Pensée bouddhiste)

Mains11

Epines

La rose n'a d'épines que pour celui qui veut la cueuillir.

(Proverbe chinois)

Mes faïencées

Carreaux bleus

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Mosaïque de pleurs, de rires et de vie

Mosaïque de souvenirs, de soupirs et d'envies

Carreaux blancs

Petites parcelles de couleurs où j'ai posé mes doigts

Petites ailes de chaleurs qui m'élèvent vers toi

Carreaux bleus

Magique mariage des lumières

D'une union sacrée sans frontière

Carreaux blancs

Sentiments bleus d'un coeur ouvert marqué à blanc

Heureux tatouage à l'envers de la peau et du temps

Bleus carreaux, carreaux blancs

Images de couleurs mélées, inspirées, transpirées

Etendue d'eau salée aspirée, ébrouée, repleurée.

Dscn5338 Faïence souffrance

Faïence absence

Faïence alliance

Faïence présence

Faïence confiance

Faïence ressemblance

Faïence...

... défaillance.

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Petits morceux de ciel blanc

Parcelles de ciel bleu

Pour un heureux mélange

Peint à la plume d'un ange

D'un ange blanc aux cieux bleus

Camaïeu de bleus

Camaïeu de blancs

Pour que je sois heureux

Que je reste vivant même au delà du temps

Blancs bleus ou bleus blancs

Couleurs froides de mes chaleurs

Ainsi disposées m'accueillent dans mes étés

Sur ma terre d'ailleurs

Pays de mes amours

Sans faux-semblants pour mon sang bleu

Pour tout ce que vous représentez

Et à jamais vous êtes mes faïencées.

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Photos : P'tit Bob

Boeuf au vin rouge et au cognac

Encore une fois, je vous propose une recette simple qui, d'ailleurs, est un classique de la cuisine française revue et corrigée par mes soins selon mon inspiration.

Pour six personnes, il vous faudra environ 1,5 kg de viande de boeuf de type bourguignon, paleron, gite, ou macreuse, que vous couperez en morceaux réguliers.

La veille, dans un grand saladier, mettez trois carottes coupées en rondelles, un gros oignon en lamelles, quelques feuilles de céleris, du thym, du laurier, quelques gousses d'ails coupées en deux. Arrosez le tout d'une bouteille de vin rouge de Bourgogne et un bon verre de cognac. Salez, poivrez et mélangez le tout. Déposez-y les morceux de viande afin qu'ils soient entièrement recouverts par la marinade. Couvrez d'un film plastique et placez au réfrigérateur.

Le lendemain, égoutez les morceaux de viande et faites les revenir dans un peu de matière grasse. Saupoudrez de farine, bien mélanger. Arrosez avec l'ensemble de la marinade, liquide, aromates et légumes. Parfumez avec trois cubes de bouillons de boeuf. Couvrez et laisser cuire environ deux heures et demie à petit feu.

Pendant ce temps, préparez des champignons de Paris et faire les cuire directement dans une poêle anti-adhésive pour qu'ils rendent leur eau. Puis faites les dorer dans une noisette de beurre. Egoutez les sur du papier absorbant et ajoutez les à la sauce environ quinze minutes avant la fin de la cuisson. Si besoin, rectifiez l'assaisonnement.

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Photo : P'tit Bob

L'ail et l'oignon auront fondus et votre sauce sera onctueuse. Vous n'aurez plus qu'à servir. Tagliatelles fraîches, coquillettes, riz, pomme vapeur ou gratin dauphinois seront un accompagnement de choix. Et pourquoi pas des carrés de polenta délicatement dorés au beurre. Oui, je sais : "bonjour les calories".

Pour un repas de fête, le boeuf pourra éventuellement être remplacé par du sanglier, du marcassin, du kangourou ou par un gibier de votre choix. Avant de servir, vous pourrez ajouter à votre sauce, quelques baies rouges et acidulées.

Bonne appétit.

Dis, Monsieur...

... l' A.D.N., ça se mange ?

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Et moi qui demandais ce que pouvait mettre un enfant dans ses prières...

J'ai honte, Petit. J'ai honte !

Ecoutez...

Dscn6172_3 Ecoutez... le rire des enfants qui jouent et qui courent dans le temps. Le claquement des sabots d'un cheval qui passe rythmant la plainte d'une charette qui se traine. Les cris étouffés d'un corps qui aime d'amour. Les larmes de la terre qui tend les bras à un enfant qui nait. La poussière qui s'envole sous les ailes d'un oiseau qui passe...

Ecoutez... le crissement blanc des vendredis. L'appel du muezzin qui plane au delà des toits jusque dans les consciences comme la caresse ou la crainte d'un ailleurs. Les blouses roses et bleues des écoliers qui pleurent un jour de rentrée des classes ou qui se pressent fièrement sur le chemin d'une nouvelle école.

Ecoutez... la prière qui soulève un corps sans vie sur un torrent de larmes. Le parfum des plats épicés qui profitent d'un moment d'inattention pour s'évader à travers le fer forgé d'une fenêtre entrouverte. Le souffle du vent qui, sournois, soulève le rideau d'une porte comme la jupe d'une femme pudique.

Ecoutez... la peinture qui s'écaille comme on déchiffre un message. La pierre mise à nue par le temps comme un secret trop longtemps contenu. Le temps qui s'est arrêté un instant contre et dans ces murs pour à jamais y graver son passage. L'herbe sans domicile qui s'est arrêtée pour entendre les histoires de la bibliothèque que sont ces rues sans âge.Dscn6171_4

Ecoutez...le passé qui s'offre à vous dans ces rues riches et bavardes. Les murs tremblants de l'envie de vous emporter dans leurs fissures sans fonds jusqu'au tourbillon du temps d'avant. Le sang qui a coulé dans la naissance ou dans la mort qui, se melant aux larmes de joies, de bonheur, d'amour, de peur ou de douleur, ont assemblé en un ciment de vies les pavés, les pierres, les poutres, les aciers de l'Histoire.

Ecoutez... le conte hurlé de ces rues anciennes qui ne vivent souvent que pour nous qui passons sans savoir les entendre. Ecoutez avant qu'elles ne rejoignent le néant de la modernité froide et uniformisée.

Ecoutez... l'âme de ces endroits devenus autant de livres encores indéchiffrés qui souffrent d'être trop incompris, trop ignorés.

Ecoutez... l'âme de la vie qui vous a mené d'un passé lointain et sans âge, à poser vos pieds, ici, dans un présent certain, pour qu'à votre tour la trace de vos pas, à jamais soit mélée à l'histoire de ces rues anciennes et résistantes.

Ecoutez... parce que votre passage d'aujourd"hui sera demain dejà inscrit dans l'âme de ces endroits. Si vous vous arrêtez, si vous regardez, si vous caressez, si vous ressentez, si vous écoutez les temoignages de l'âme de ces rues que j'aime tant.

Parce que, ensemble, nous marchons tous sur les chemins d'hier, parce qu'un jour, dans une vie prochaine, nous écouterons l'histoire que nous aurons écrite sur les murs de nos vies.

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Photos : P'tit Bob

Rues d'autrefois, je vous ressents, vous le savez. Ruelles d'antant, je vous aime et vous aimez m'avoir en vous. Comme un échange, un corps à corps intime, invisible, silencieux et profond. Parlez-moi encore, parlez moi à chaque fois. De vous, de moi. De tout. Du tout.

Je vous aime méditerranéennes mais vous écouterais, vous aimerais où que vous soyez. Dans la beauté des mots de vos silences riches et bavards.

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