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Présence

5196070712122053_3 Calmement, la nuit tunisienne était tombée sur notre journée estivale. Je me couchais sur un matelas à même le sol, tandis que mon ami faisait de même à l'autre bout de la chambre et que mon chien se glissait sous la banquette. Quelques instants plus tard, alors que tout semblait paisible, un bruit étrange et fort nous réveilla. Nous fîmes le tour de la maison afin de savoir si quelque chose n'était pas tombé sur le sol carrelé. Rien. Nous reprîmes donc place chacun dans notre sommeil respectif.

Soudain, mon chien se mit à grogner puis gémit comme si une douleur l'avait surpris. J'étais réveillé mais toujours couché. Quand une frayeur indescriptible s'empara de moi.

Quelqu'un était là, juste à côté de moi. Presque contremoi. A ma hauteur. Quelqu'un ? Je ne ne sais pas. Je ne sais pas comment qualifier, comment nommer cette présence. Ce dont j'étais certain, c'est qu'elle n'était ni animal, ni humaine. Et c'est bien ce qui m'effayait. Je sentais son regard sur moi. Elle (ou il) était juste à mes côtés.

La peur me pétrifiait. Je ne pouvais bouger aucune partie de mon corps. Je ne pouvais articuler aucun mot, aucun son. Je transpirais de frayeur. A grosses gouttes.

5196070712122053_2Oh, je sais qu'en disant cela, je vais encore passer pour un illuminé, mais peu importe : je suis sûr de ce que j'ai vécu. Et je ressentais que cette présence ne me voulait pas du bien. Par tous les pores de ma peau, je ressentais les ondes néfastes et négatives qui en émanaient. J'en étais paralisé.

Si je devais dessiner cette étrange présence, sans savoir pourquoi je noircirais une feuille de papier et y tracerais deux grands yeux jaunes longs et fins. Je ne peux l'expliquer.

Combien de temps cela a-t-il duré ? Il m'est impossible de le dire. La créature est partie comme elle était venue, comme s'évaporant.

Il me fallut de longues minutes pour que je retrouve la mobilité de mon corps, pour que je puisse émettre le moindre son. Si la peur commençait à s'évanouir, elle restait très présente et forte. Lorsque je pus me lever, je me glissais dans les draps de mon ami qui, surpris, me demanda ce qu'il se passait. Je tremblais et le "chut" qui s'échappa de mes lèvres furent ma seule réponse. Respectant mon trouble, il attendit le petit matin pour me demander ce qui s'était passé.

Je n'ai aucune explication à donner. Je sais juste que je n'ai pas rêver et me souviens encore de cette peur si vive qui me pétrifia alors le corps et l'âme.

5196070712122053J'ai lu beaucoup d'ouvrages sur le paranormal, le surnaturel, l'au-delà et l'inexplicable, et aujourd"hui, alors que bien des années se sont écoulées depuis, à chaque fois que je me retrouve dans cette maison, dans cette pièce, je repense à cet instant.

Je n'ai qu'une envie : que cela recommence, que cette présence se manifeste à nouveau de la même manière. Aujourd"hui, je me sens plus fort et il me semble que je n'aurais pas aussi peur. Et que, peut-être même que je tenterai d'instaurer un échange. Dans quel but ? Comment ? Je ne le sais pas. J'attends, c'est tout. J'implore et j'appelle aussi.

Et je remercie le Ciel que cette "chose"-là, cette expérience-là me soit arrivée à moi. Et vous pouvez sourire, je sais ce que je vis, je sais ce que j'ai vécu et ressenti, alors vos rictus moqueurs ne m'atteignent pas. Je suis plus fort que ça.

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Illustration : Peinture de Leopolsk MATUSZEWSKI

Le site de L. MATUSZEWSKI : http://lepolsk.zeblog.com/2005/11/9

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