Près d'un lac, elle s'était endormie

Image037La grande dame brune a quitté ses souliers, sur la pointe des pieds, elle a ouvert la lourde porte et puis s'en est allée, laissant derrière elle les notes de son piano qui inlassablement pleure encore son absence, comme dans un coin, un rocking-chair a cessé pour toujours de se balancer.

Seul un magestueux rapace noir au diamant bleu, déployant ses larges ailes nostalgiques, a pu l'accompagner sans regrêt et sans se retourner, sachant qu'à jamais, dans la mémoire de tous, il ne cesserait de voler de notes en mélodies.

C'était la jongleuse de mots, l'indompeuse de sentiments. C'était... c'est Barbara.

Etait-ce un beau jour, ou était-ce une nuit ? Il y a dix ans, près d'un lac, elle s'était endormie.

Getmediaservlet"Pour ne plus, jamais plus, vous parler de la pluie,

Plus jamais du ciel lourd, jamais des matins gris,

Je suis sortie des brumes et je me suis enfuie,

Sous des ciels plus légers, pays de paradis,

Oh que j'aurais voulu vous ramener ce soir,

Des mers en furie, des musiques barbares,

Des chants heureux, des rires qui résonnent bizarres,

Et vous feraient le bruit d'un heureux tintamarre,

Des coquillages blancs et des cailloux salés,

Qui roulent sous les vagues, mille fois ramenés,

Des rouges éclatants, des soleils éclatés,

Dont le feu brûlerait d'éternels étés.

Mais j'ai tout essayé

J'ai fait semblant de croire

Et je reviens de loin

Et mon soleil est noir,

Et j'ai tout essayé

Et vous pouvez me croire,

Je reviens fatiguée

Et j'ai le désespoir..."

Extrait de "Le soleil noir" de Barbara.

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Barbara

A l'occasion du dixième anniversaire du départ de Barbara, je vous propose une petite sélection de sites consacrés à cette grande poétesse et dame de la chanson, notamment celui de l'Association des Amis de Barbara :

http://www.barbara.com.free.fr/

HirondelleA visiter pour mieux connaître l'artiste qu'était Barbara, juste comme ça :

PASSION BARBARA :  http://www.passion-barbara.net/

BARBARA : http://www3.sympatico.ca/pvigot/barbara.html

BARBARA "Scène - Coulisses" : http://www.lehall.com/galerie/barbara/index.html

BARBARA - Discographie commentée : http://www.zoomrang.com/barbara.htm

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Perlimpinpin

Pour qui ? Comment ? Quand et pourquoi ?

Contre qui ? Comment ? Contre quoi ?

C'en est assez de vos violences.

D'où venez-vous ?

Où allez-vous ?

Qui êtes-vous ?

Qui priez-vous ?

Je vous prie de faire silence.

Pour qui, comment, quand et pourquoi ?

S'il faut absolument qu'on soit

Contre quelqu'un ou quelque chose,

Je suis pour le soleil couchant

En haut des collines désertes.

Je suis pour les forêts profondes,

Car un enfant qui pleure,

Qu'il soit de n'importe où,

Est un enfant qui pleure,

Car un enfant qui meurt

Au bout de vos fusils

Est un enfant qui meurt.

Que c'est abominable d'avoir à choisir

Entre deux innocences !

Que c'est abominable d'avoir pour ennemis

Les rires de l'enfance !

Pour qui, comment, quand et combien ?

Contre qui ? Comment et combien ?

A en perdre le goût de vivre,

Le gout de l'eau, le goût du pain

Et celui du Perlimpinpin

(...)

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Entrait de la chanson de BARBARA : "Perlimpinpin" - 1972

(Album "Amours incestueuses" Ed. Philips (1973) - réédité en CD)

Chapeau bas

Barbara_1Il y a un temps pour tout.

Et un jour, le temps fut venu pour moi de découvrir une femme à l'éternelle silhouette longue et brune.

Soit on passe à côté d'elle, soit on se la prend en pleine figure et comme une flèche transpercerait un coeur, de la pointe de sa plume elle tatoua mon âme.

Barbara.

Plus que des chansons, plus que des compositions, ses mots sont des poêmes qui vous pénêtrent comme une ivresse tortueuse jusqu'à vous faire vaciller. Comme une blessure vive vous ferait défaillir. Sont-ce ses mots ? Est-ce sa voix ? Ou les deux à la fois ?

Mais il y a des instants pour ça. Le corps et l'âme doivent être disponibles. On ne contrôle pas, on ne contrôle rien. La voix, les mots et leurs sens se frayent un chemin jusqu'au coeur, jusqu'aux yeux. Jusqu'aux larmes parfois.

C'est une magie étrange. Il faut aimer les mots, il faut aimer la femme. Et à jamais on est envouté. Comme je le fus. Comme je le suis.

La chanteuse était poursuivie par un tueur. Il ne tuait que dans les ville où elle chantait. Elle s'appelait "Lily Passion".

C'est sous ce nom que j'ai rencontré Barbara. Un soir de 1986. Il y avait un rocking-chair dans la fumée. Il y avait un immense ballon sur la scène. Il y avait un homme aussi. Depardieu, Gérard de son prénom. "Lily Passion" était aussi le titre de ce spectacle. Sorte de comédie musicale poétique à deux voix. Inoubliable. Elle plus que lui. C'est mon avis. La magie avait alors opéré et nous, mille, deux milles, trois milles -peu importe- l'avons ovationnée, elle, pendant plus de quarante-cinq minutes. Une émotion. Plus encore.

Aujoud'hui, 25 novembre 2006, cela fait exactement, jour pour jour, neuf années qu'elle tira sa révérence à la vie. Restent ses chansons. Restent ses textes. Sa voix.

Et la magie.

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Reprenant le titre d'une de vos chansons, je vous dirait, Madame : "Merci et Chapeau bas".

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