Ecrin de lumière
La nuit était tombée. Il était là assis sur le matelas posé à même le sol. Nous discutions, moi assis en face de lui, seulement éclairés par la faible lueur de la veilleuse posée sur le chevet. Nous venions de marier notre fils, tout s'était passé au delà même de nos espérances. Il y avait dans la pièce un sentiment palpable de satisfaction particulière jamais ressentie.
Nous parlions de tout cela, de ces jours qui venaient juste de passer dans le temps mais qui resteront à jamais en nous. Du sourire de nos enfants enfin unis dans l'amour - depuis le temps qu'ils en rêvaient - et de leurs pas que nous entendions légèrement juste au dessus de nous, dans l'appartement conjugal qui venait de les accueillir, et de leurs enfants qui y grandiront. Nous parlions mais nos mots n'en étaient pas, ils n'étaient que sourires, chaleur et amour. Même et jusque dans nos respirations, nos silences.
Notre histoire s'embélissait et nous envisagions de façon silencieuse mais tellement évidente de marcher ensemble encore et encore sur le même chemin puisque les escales qu'il nous proposait s'appellent richesses intérieures, sentiments profonds et prospérités.
Je le regardais, je l'écoutais et ses mots m'enveloppaient de bien-être, d'avenir et de sécurité.. Pourtant, c'est lui qui m'apparu réellement enveloppé dans un écrin de lumière. Tout son corps m'apparut entouré d'une lueur vive et douce à la fois. J'étais subjugué. Je voyais son aura et je savais que c'était de cela qu'il s'agissait, telle une évidence. Comme à chaque fois dans de telles circonstances exceptionnelles, je remerciais le Ciel de me permettre de voir.
Son aura était lumineuse. Je ne saurais dire qu'elle en était la couleur. Blanc, jaune pale ou bleu clair ? Je ne le sais pas, je ne me souviens que de la lumière appaisante qui entourait et se diffusait autour de son corps sur environ une dixaine de centimètres. Comme une puissance, comme une magie. Comme une récompense.
Lorsque je vis des choses inexplicables, je n'en parle pas immédiatement. Je garde tout pour moi. Je remercie. Je savoure. Et si le besoin ou l'occasion se présente, je sors de moi le cadeau que j'ai reçu. Je partage, en choisissant qui recevra cet échange, pour qu'il soit respecté, compris ou non, mais pour mon plaisir aussi. Et aussi et surtout comme un message qui doit passer.
Etait-ce le bonheur de cet instant que nous vivions ? Les émotions, les sensations fortes et apaisantes que nous avions ressenties lors du mariage de notre enfant ? Etait-ce le bonheur des jeunes mariés qui s'unissait au nôtre dans une communion hors du commun ?
Etait-ce le bonheur d'être tous les deux ensembles, de savoir ce que l'autre ressent, le partage de notre vie pendant toutes années qui s'arrêtait le temps de reprendre son souffle, de réaliser le temps passé, le temps à venir, ensemble. Le fait être là-bas aussi, peut-être. Sûrement même.
Etait-ce le bonheur de savoir qu'en les unissant dans leur amour, les enfants se munissaient d'une plume qui leur permettrait non seulement d'écrire leur propre histoire mais aussi une partie de la nôtre ?
Etait-est une manifestation d'une énergie positive qui se libérait et se révélait de la sorte ?
Oui, c'était le bonheur qui avait permis à son aura d'irradier de la sorte et à moi de rececoir le cadeau, la permission de la voir. Parce qu'ensemble nos vies s'étreignaient plus que jamais dans la sérénité et que nous ne faisions qu'un, plus que jamis,physiquement l'un face à l'autre, mais unique en énergie et en sentiments.
Je ne cherche pas à l'expliquer. Cela n'aura duré que quelques instants, quelques minutes extraordinaires et ce qui est certain c'est que je l'ai vu, je l'ai vécu et que c'est en moi comme un nouveau trésor.
Et quoiqu'il en soit, c'était beau, rare et unique. Je le sais, je l'ai ressenti ainsi.
Merci la Vie.
Illustration : peinture de Lepolsk MATUSZEWSKI
















